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Arthrose et Prothèse du Genou

J’ai une arthrose évoluée du genou. L’opération avec mise en place de prothèse est-elle inévitable ?

Il n’existe à ce jour aucun moyen efficace capable de remettre la surface de frottement entre le fémur et le tibia en l’état et d’éviter les frottements douloureux. S’il existe effectivement une arthrose évoluée, typique sur le plan clinique et radiologique, et en cas d’échec des mesures médicales, seule la prothèse de genou peut permettre d’améliorer sensiblement la fonction du genou (douleurs et mobilité). Il n’y a en revanche que rarement d’urgence, car le processus pathologique d’arthrose du genou est souvent long (sur plusieurs mois ou années).

Quand décide-t-on d’opérer une arthrose de genou avec pose de prothèse ?

Lorsque le cartilage de l’articulation est très abîmé, chaque mouvement de genou devient difficile et provoque des douleurs et des raideurs qui limitent les déplacements. L’intervention chirurgicale de pose de prothèse de genou est envisagée devant une gêne et surtout une douleur importante retentissant progressivement sur la marche, réveillant parfois la nuit, et que les traitements ne suffisent plus à calmer. Le critère d’âge n’est pas le principal dans la décision. C’est le handicap qui guide le moment de l’intervention. Trop tôt, c’est prendre le risque d’une intervention pour un bénéfice faible. Trop tard, c’est s’exposer à une fonte musculaire et une imprégnation hyperalgique forte, gênant la récupération fonctionnelle post-opératoire.

Comment se préparer à l’intervention de pose d’une prothèse de genou ?

Consultation avec le chirurgien

Après vous avoir interrogé sur votre histoire personnelle, le chirurgien pratique un examen physique et détermine l’avancement de l’arthrose du genou sur les radios. Il vous explique ensuite votre pathologie et propose une intervention chirurgicale pour la pose de la prothèse de genou. Les avantages, les risques et les suites opératoires vous sont présentés ; enfin votre consentement est demandé.

Consultation avec l’anesthésiste 

Elle est obligatoire et aura lieu dans le mois qui précède la chirurgie. Venez à cette consultation avec votre questionnaire d’anesthésie rempli, vos ordonnances habituelles, vos résultats sanguins (bilan prescrit par le chirurgien), votre certificat dentaire et votre compte-rendu cardiologique.

Les objectifs de la consultation d’anesthésie sont multiples avant la mise en place d’une prothèse de genou :

  • faire un état des lieux de votre santé et vous présenter la technique d’anesthésie (générale ou partielle) la plus appropriée, ses avantages, risques et complications éventuelles,
  • vous informer du déroulement de votre hospitalisation, des traitements antidouleurs, de la gestion des anticoagulants et de vos médicaments personnels.

La consultation d’anesthésie est aussi un moment d’échange entre le patient et le médecin pour informer et rassurer sur d’éventuelles craintes ou angoisses. Votre consentement est demandé.

Préparation à la chirurgie

  • une consultation chez le cardiologue est généralement demandée (bilan).
  • une consultation dentaire devra être faite pour s’assurer de l’absence de foyer infectieux.
  • l’arrêt du tabac est exigé avant la pose d’une prothèse de genou. En arrêtant au moins un mois avant l’intervention, vous diminuez les complications respiratoires et cicatricielles.
  • La perte de poids si besoin : mesures diététiques, moins d’alcool, avis nutritionniste.

Consultation avec l’infirmière de Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie (RAAC)

Si vous le souhaitez, cette infirmière retrace avec vous votre parcours de soin afin que vous puissiez vous préparer au mieux à l’intervention et anticiper la période post-opératoire en cas de retour à domicile. Vous pouvez lui faire part de vos questions et/ou de vos éventuelles appréhensions sur l’arthrose / la prothèse du genou.

Quels sont les principes de l’anesthésie et de la chirurgie lors de la pose d’une prothèse du genou ?

À votre arrivée au bloc, l’équipe se présente et vous installe en salle de pré-anesthésie. Les vérifications (identité, côté droit/gauche, intervention, chirurgie) sont faites par les membres de l’équipe. Une perfusion est posée au bras et l’antibiotique administré. Un brassard à tension et des électrodes sont posés sur vous pour une surveillance continue. L’anesthésiste débute souvent par la pose d’un masque à oxygène.

L’opération de mise en place d’une prothèse de genou dure environ 1h30. L’intervention est réalisée sans garrot, de façon à ne pas traumatiser les muscles et favoriser un retour à la marche rapide.

Après préparation cutanée finale et mise en place des champs stériles, le chirurgien incise votre genou en avant sur une ligne verticale. L’os usé est régularisé, les débris sont évacués, les ligaments croisés et les ménisques retirés, et la prothèse de genou est mise en place, fixée à l’aide de « ciment ». Elle remplace la zone d’os et de cartilage usée, en étant parfaitement adaptée aux dimensions de votre genou.

À la fin de l’intervention, le genou est infiltré avec un anesthésique local pour une gestion optimale de la douleur. L’articulation est abondamment lavée puis refermée, parfois sur un drain (selon les cas). La suture de la peau est résorbable, sauf cas particuliers. Un pansement est mis en place, puis des bas de contention sont enfilés par-dessus. Une attelle de cryothérapie compressive est aussi souvent mise en place pour lutter contre la douleur.

Pour la suite opératoire d’une pose de prothèse de genou, une surveillance de deux heures s’effectue en salle de réveil, puis dans votre chambre. Votre douleur est contrôlée et les traitements ajustés. Le kiné procède à votre premier lever le jour même (sauf si l’intervention se déroule en milieu d’après-midi, auquel cas, ce sera le lendemain).

Combien de temps resterez-vous à l’hôpital après la pose d’une prothèse de genou ?

La durée d’hospitalisation est variable d’une personne à l’autre. Elle peut être réduite chez les patients jeunes ou en forme. Mais tout dépend de votre état et de votre récupération, alors quand vous vous sentirez prêt à rentrer chez vous, dites-le-nous.

Comment va se dérouler la rééducation suite à la pose d’une prothèse du genou ?

Les principes

Que la rééducation soit réalisée en centre ou à domicile, elle doit obéir à des règles simples et comporte deux phases principales :

1. La phase initiale réactive

Cette période dure 2 à 4 mois après l’intervention. Le genou est alors réactif (= « sensible ») du fait du traumatisme opératoire. La rééducation avec une prothèse de genou doit être extrêmement douce car tout travail intensif, notamment de musculation, risque d’entraîner un gonflement du genou, source de douleur. La rééducation pendant cette période repose sur un travail personnel visant à atteindre quatre objectifs :

  1. Bonnes amplitudes articulaires (une extension complète et une flexion > 90°), notamment grâce aux postures alternées
  2. Une marche satisfaisante, sans flexum
  3. Un genou peu ou pas douloureux
  4. Un bon verrouillage du muscle quadriceps.

2. La phase de récupération fonctionnelle

Après quelques mois qui suivent la pose d’une prothèse de genou, le genou a récupéré du traumatisme opératoire. Le genou est moins réactif, c’est-à-dire qu’il ne gonfle plus au moindre geste et n’est douloureux que lors des efforts. Vous reprenez une vie sédentaire normale et même quelques activités de loisir. À ce stade, il est possible de débuter un renforcement musculaire et un travail de l’équilibre afin de vous préparer à reprendre vos activités favorites.

La pratique

La rééducation après mise en place d’une prothèse du genou ne se limite pas aux exercices demandés par le kinésithérapeute lors des séances. Vous devez aussi faire certains exercices vous-même à domicile, notamment de flexion maximale. La flexion optimale à atteindre est de 120° mais peut varier selon les cas et la flexion préopératoire. Le plus important est de conserver le genou en extension complète. La clé est de faire « souvent, un petit peu », tout en évitant les états stationnaires prolongés.

Cette intervention comporte-t-elle des risques ?

Toutes les précautions sont prises pour le bon déroulement de l’intervention qui est le plus souvent bien tolérée. Toutefois, comme toute intervention chirurgicale, la pose d’une prothèse de genou peut néanmoins comporter des risques. Une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à des caractéristiques individuelles propres ou à une variabilité technique.

Surviennent parfois …

La phlébite peut survenir en dépit du traitement anticoagulant. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans une veine du membre inférieur. Ce caillot peut parfois migrer et entraîner une embolie pulmonaire.

Comme après toute chirurgie, il peut survenir un hématome qui se résorbe en règle générale spontanément en plusieurs jours. Il ne nécessite qu’exceptionnellement un drainage chirurgical.

La cicatrisation des tissus dans le genou peut créer des adhérences qui vont limiter les mobilités (flexion ou extension), et entraîner une certaine raideur. C’est grâce aux exercices de rééducation simples, comme les postures alternées, que l’on réduit au maximum le risque de raideur liée à la prothèse de genou.

Surviennent plus rarement …

L’infection est une complication rare mais potentiellement sévère, car elle conduit parfois à une autre intervention. Elle peut survenir même très longtemps après la chirurgie et peut provenir d’une infection à distance de la hanche, comme une infection dentaire ou urinaire. Il faudra donc surveiller attentivement, traiter les infections toute votre vie et prendre soin de votre peau en évitant toute plaie qui constituerait une porte d’entrée pour les bactéries. Il vous est fortement déconseillé de fumer pendant la période de cicatrisation, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection.

L’algodystrophie est un phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris. Elle peut durer plusieurs mois, entraînant une prise en charge spécifique vis-à-vis de la douleur et de la rééducation. Elle est imprévisible dans sa survenue, comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.

Votre chirurgien met tout en œuvre pour prévenir toute complication. Il est également présent pour les prendre en charge si l’une d’entre elles survenait néanmoins à la suite de l’opération de la prothèse du genou.

Faut-il prévoir une sortie de l’hôpital vers le domicile ou en centre après une opération de pose de prothèse de genou ?

Le passage dans un centre de rééducation n’est pas obligatoire. Le centre de rééducation facilite parfois la prise en charge médicale (pour les patients les plus fragiles), permet éventuellement une prise en charge kinésithérapique régulière et offre surtout une aide logistique.

Un centre doit être prévu pour la période post-opératoire dans trois situations :

  1. Si vous vivez seul(e)
  2. Si vous présentez des problèmes médicaux nécessitant une prise en charge ou une surveillance spécifique
  3. Si votre rééducation s’annonce difficile du fait de problèmes locaux (par exemple un genou multi-opéré) ou généraux (par exemple une maladie neurologique associée).

Dans ce cas, la demande de sortie en centre de soins de suite et de réadaptation (SSR) est effectuée par le secrétariat du chirurgien dès la consultation préopératoire. La demande est adressée à deux ou trois centres. La durée moyenne de séjour en centre est variable, entre deux et quatre semaines en général.

Dans les autres cas, un retour à domicile est à privilégier, car la reprise de la vie quotidienne facilite la récupération fonctionnelle et évite les inconvénients d’une hospitalisation prolongée.

Que peut-on faire avec une prothèse du genou (voiture, travail, vie intime…) ?

Les meilleurs résultats sont obtenus six mois après l’intervention. L’amélioration peut se poursuivre pendant la première année post-opératoire. Le résultat final attendu est une marche sans boiterie indolore, et la reprise des activités quotidiennes et physiques habituelles.

En voiture avec une prothèse de genou

Pour conduire en toute sécurité, il faut pouvoir freiner en urgence. Si l’on a été opéré du genou droit, il faut attendre d’avoir récupéré une mobilité de l’articulation suffisante avant de prendre le volant. C’est en général possible après six semaines. Si l’implant est posé sur le genou gauche, il suffit de pouvoir débrayer – ou de posséder un véhicule automatique – pour pouvoir conduire immédiatement.

Faire du sport avec une prothèse de genou

Les sports les moins à risque, comme le vélo, la randonnée ou la natation peuvent être pratiqués sans problème, progressivement à partir d’un mois et demi. Quant à la planche à voile, le golf ou le ski, ils peuvent être repris par ceux qui en ont déjà̀ une bonne expérience à partir du quatrième mois. Toutes les activités sportives qui impliquent des mouvements extrêmes ou impacts répétés, comme le football et le karaté, ou encore la course à pied, sont à reprendre très progressivement, en « écoutant » ses éventuels symptômes.

Travailler avec une prothèse de genou

Selon l’activité professionnelle que l’on pratique (sédentaire de bureau, jusqu’à physique lourd), on pourra reprendre le travail entre le premier et le troisième mois après l’opération.

Chez le dentiste

Soyez vigilant ! Il faut effectuer une consultation dentaire tous les ans afin d’éviter les problèmes infectieux greffés à la prothèse. De même, toute infection (urinaire, cutanée) devra être traitée rapidement. Informez chaque médecin de l’existence de votre prothèse de genou.

Voyager en avion avec une prothèse de genou

Lors des contrôles de sécurité dans les aéroports, votre prothèse de genou peut activer les détecteurs de métaux. Un certificat attestant le port de prothèse au genou pourra vous être remis.

En couple

On peut avoir une vie intime normale avec une prothèse du genou, à condition d’éviter les positions acrobatiques.

Combien de temps dure une prothèse du genou ?

Selon une étude récente (*), 25 ans après la pose de la prothèse de genou, environ 80% des patients ont toujours leur prothèse en place. De nombreux facteurs déterminent la « durée de vie » de la prothèse de genou : âge à la pose et activité du patient, pratique de sports qui sollicitent fortement l’articulation (activités à impacts, selon rythme et intensité), un éventuel surpoids… C’est souvent la fixation de la prothèse à l’os qui est rompue et recrée progressivement de la douleur à long terme. Un changement de la prothèse de genou est alors possible, selon l’intensité de la gêne et l’état général du patient (évaluation du rapport bénéfice/risque).

* How long does a knee replacement last? A systematic review and meta-analysis of case series and national registry reports with more than 15 years of follow-up. Lancet. 2019 Feb (Evans JT, et al.)