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Qu'est-ce que l'obligation médico-légale en anesthésie ?

Pour tout patient nécessitant une anesthésie, les établissements de santé doivent assurer une consultation préanesthésique lorsqu'il s'agit d'une intervention programmée, les moyens nécessaires à la réalisation de cette anesthésie, une surveillance continue après l'intervention et une organisation permettant de faire face à tout moment à une complication liée à l'intervention ou à l'anesthésie effectuée.

Décret du 5 décembre 1994 - Arrêté du 3 octobre 1995

La consultation préanesthésique est donc obligatoire et s'impose chaque fois qu'un acte opératoire ou non (endoscopie, radiologie interventionnelle) nécessite une anesthésie, générale ou loco-régionale.

La consultation préanesthésique est effectuée par un médecin anesthésiste-réanimateur et ses résultats sont consignés dans un document écrit. En dehors de l'urgence, elle a lieu plusieurs jours (donc au moins 48 heures) avant l'intervention et ne se substitue pas à la visite préanesthésique qui a lieu la veille ou le matin de l'intervention.

La programmation des interventions est établie conjointement par les médecins les réalisant, les médecins anesthésistes-réanimateurs et le responsable du secteur opératoire.

La réalisation d'une anesthésie impose un monitorage qui comporte obligatoirement une surveillance scopique de l'électrocardiogramme, une mesure de la pression artérielle et de l'oxymétrie de pouls (saturation en oxygène du sang artériel).

Lorsqu'une ventilation mécanique est instituée, une alarme de pression sensible au débranchement, une mesure de la pression partielle en gaz carbonique dans l'air expiré et de la pression partielle en oxygène dans l'air inspiré sont obligatoires.

L'ouverture d'une salle d'intervention nécessite un contrôle précis de l'appareil de ventilation et des instruments utilisés par l'anesthésiste-réanimateur, établi grâce à la fiche d'ouverture de salle d'opérations (FOSOP) qui est signée par le médecin anesthésiste.

Après une anesthésie (générale ou loco-régionale), le patient doit être admis dans une salle de surveillance postinterventionnelle (SSPI). Chaque emplacement de cette salle est doté de l'équipement nécessaire à la surveillance hémodynamique (scope, mesure de pression artérielle) et ventilatoire (oxymètre de pouls), au retour à l'équilibre thermique normal ainsi qu'à l'arrivée de fluides médicaux (oxygène, air) et à l'aspiration sous vide.

La salle de surveillance postinterventionnelle dispose obligatoirement d'un ventilateur, d'un défibrillateur et d'un moniteur de la curarisation. Elle est placée sous l'autorité d'un médecin anesthésiste-réanimateur qui peut intervenir à tout moment et sans délai. Du personnel infirmier est affecté exclusivement à cette salle et doit comporter au moins un infirmier formé à cette surveillance.

Les questions du medecin-anesthesiste

L’interrogatoire est primordial et s’attache à rechercher d’éventuels antécédents. C’est un tour d’horizon de tous les problèmes médicaux qui peuvent interférer avec l’anesthésie et l’intervention chirurgicale…

• Contexte psychosocial : profession, difficultés financières, prise en charge sécurité sociale et mutuelle éventuelle, environnement familial, logement, mobilité, autonomie, dépendance, isolement....

• Antécédents médicaux :
- âge, poids, taille
- habitudes toxiques : tabac, alcool, drogues...
- état actuel des maladies en cours ou passées avec leur traitement actuel et/ou passé (bien supporté ?)
- évaluation faite par les derniers spécialistes consultés (médecin traitant, cardiologue, pneumologue, rhumatologue, etc.….). Il vaut mieux préparer à l’avance les noms et coordonnées de vos médecins habituels !

• Antécédents cardio-vasculaires : essoufflement à l’effort ou au repos, limitation du périmètre de marche ou de la montée d’escaliers, malaises, pertes de connaissance, hypertension, hypotension, infarctus, angine de poitrine, troubles du rythme cardiaque et palpitations, insuffisance cardiaque, œdème des membres inférieurs, maladie des artères ou des veines, phlébite, embolie pulmonaire, tabagisme, cholestérol et triglycérides, chirurgie cardiaque ou vasculaire

• Antécédents respiratoires : tabagisme, insuffisance respiratoire, asthme, emphysème, bronchite chronique, infections, tuberculose, chirurgie thoracique, cancer

• Antécédents neurologiques : accidents vasculaires cérébraux transitoires ou constitués, maladie neurologique grave, myasthénie, myopathie, sclérose en plaque, épilepsie, chirurgie neurologique, troubles de la motricité ou de la sensibilité, douleurs chroniques, migraines, tumeurs

• Antécédents digestifs : bouche et dents (l’évaluation de l’état dentaire peut être demandée au dentiste), estomac et duodénum (ulcère, intolérance aux AINS, reflux acides, hernie hiatale…), intestins (troubles du transit, diverticules, maladies inflammatoires, diarrhées, constipation, saignements…), foie (hépatites, jaunisses, calculs dans la vésicule ou dans le cholédoque, cirrhose), pancréas (pancréatite, calculs dans le canal de Wirsung), incontinence anale, cancer

• Antécédents urinaires et rénaux : infections, troubles de la miction (fuites, rétention, difficulté pour uriner, mictions impérieuses), problèmes de prostate, insuffisance rénale, cancer

• Antécédents gynécologiques : pathologies actuelles ou passées, nombre d’enfants, pathologie de la grossesse, IVG, cancer

• Antécédents orthopédiques : mobilité, autonomie, colonne vertébrale, articulations…

• Antécédents infectieux : toute infection peut compliquer la chirurgie, elle peut être d’origine dentaire, cutanée, urinaire, pulmonaire ou autre. Quels traitements ont été donnés ? Toute infection bactérienne en cours peut faire repousser l’intervention, contagieuse en particulier (HIV, hépatites, virus, bactéries, maladie de Creutzfeldt Jacob)

• Antécédents médicamenteux :
- liste exhaustive de tous les médicaments utilisés : venir avec les ordonnances
- allergies et/ou intolérances : antibiotiques, iode cutanée, iode injectable....
- de nombreux médicaments peuvent interférer avec l’anesthésie
- thérapeutiques interférant avec l’hémostase et la coagulation et qui augmentent les risques hémorragiques (aspirine, anti-inflammatoires, anticoagulants, antiagrégants plaquettaires, héparine…

• Antécédents allergiques :
- médicaments : antibiotiques, curares, antalgiques, héparine, anti-inflammatoires
- aliments : kiwi, banane, fraises, avocat (allergie croisée avec le latex)
- latex : les gants du chirurgien sont en latex ! il faut donc écarter tout latex du bloc opératoire....
- terrain atopique personnel ou familial : asthme, rhume des foins, eczéma, urticaire

• Antécédents thromboemboliques : insuffisance veineuse, varices, phlébite et embolie pulmonaire, maladie à risque (cancer, anomalies génétiques, traitement hormonal ou pilule...)

• Antécédents hémorragiques : notion de saignements anormaux dans la vie courante (coupure, brossage des dents, rasage, menstruations) ou lors d’interventions chirurgicales (hématome, hémorragie, transfusion sanguine)

• Autres maladies rares ou génétiques....

L'examen physique

Il est orienté vers l' évaluation des grandes fonctions :

• cardiovasculaire : pression artérielle, fréquence cardiaque, auscultation du coeur et des carotides

• pulmonaire : auscultation

• neurologique : atteinte musculaire ou neurologique, fonctions cognitives

• poids, taille, âge, état nutritionnel

• état vasculaire : varices, artériopathie, accès veineux pour perfusion, accès artériel pour mesure  de  la pression artérielle sanglante, varices pour risque thromboembolique

• difficultés prévisibles d’intubation : cou court, ouverture de bouche limitée,  dents

• état dentaire : prothèse, dents fragiles et mobiles, infection en cours

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