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Pubalgie

La pubalgie est une pathologie fréquente mais qui répond à des critères diagnostiques précis :

Syndrome douloureux au niveau du pubis, incluant une ou plusieurs des pathologies suivantes :

1. tendinopathie d’insertion des adducteurs

2. pathologie d’insertion des muscles grands droits

3. l’arthropathie pubienne micro-traumatique4. pathologie(s) du canal inguinal

La véritable pubalgie associe une pathologie inguinale, une tendinopathie des adducteurs et une ostéoarthropathie pubienne provoquée par la pratique du football dans le cadre d’une véritable technopathie (geste technique, mais aussi surface, chaussures, etc.)

La douleur

Elle est d’apparition progressive, rarement brutale, survenant après avoir joué, localisée dans le bas-ventre, le pubis, ou les adducteurs ; la douleur est le plus souvent unilatérale avec des irradiations vers les muscles abdominaux, ou vers le périnée et les testicules.

Les douleurs peuvent être accentuées par la toux, provoquées par des efforts de soulèvement ou par des mouvements brusques quand on penche le tronc. La douleur est le SIGNE PRINCIPAL de la pubalgie et provoque une impotence fonctionnelle pour la pratique du football mais aussi pour les gestes quotidiens.

Facteurs favorisants

Modifications du type d’entraînement, modification du geste technique, changement de surface de jeu (passer de l’herbe au synté), mauvaise préparation physique, problèmes de chaussures (changement de chaussures, et/ou de crampons, vissage, se faire prêter par un copain les dernières chaussures roses fluo d’un joueur connu …), mauvaise gestion de la nutrition (aliments et hydratation) avant-pendant-après l’effort.

Rechercher aussi un sommeil peu récupérateur, également une infection dentaire, une poussée de dent de sagesse, une infection ORL, un ongle incarné, une infection autre, une bascule du bassin, une jambe plus courte que l’autre, un déséquilibre musculaire entre les cuisses et les muscles abdominaux (grands droits de l’abdomen, obliques, transverses)

Examen clinique

Recherche particulière du signe de MALAIGNE :
En gonflant le ventre apparaît une voussure au niveau de la région inguinale. Les orifices inguinaux sont douloureux, souples et élargis.

Rechercher une douleur à la palpation de la symphyse pubienne, à l’insertion pubienne des adducteurs, et au niveau des orifices inguinaux.

Réaliser un testing musculaire contrarié BILATERAL pour rechercher une douleur au niveau des muscles concernés : ischiojambiers, adducteurs, psoas, rotateur de hanche, grand droit, etc.

Analyser la statique des pieds, jambes, bassin, rachis.

Bilan complémentaire

Radiographie :
Radio du bassin en charge de face, debout, pieds nus en appui monopodal à la recherche d’une instabilité de la symphyse.
Radiographie du rachis lombo-sacré de face et de profil à la recherche d’un dérangement intervertébral.
Recherche des irrégularités +/- microgéodes du rebord inférieur du pubis au niveau des insertions des adducteurs.
Chez le jeune joueur TOUJOURS rechercher un éventuel arrachement sur un des noyaux d’ossification
du bassin).

Bilan podologique :
Réalisé par un PODOLOGUE DU SPORT, car très souvent on retrouve un problème au niveau des appuis, qu’il s’agisse de troubles statiques et/ou dynamiques, des pieds et/ou des jambes.

Echographie :
Echographie tendino-musculaire des adducteurs, des orifices inguinaux, des insertions basses des grands droits.

IRM :
IRM éventuellement, surtout si est envisagée une chirurgie (= le plus souvent ténotomie du moyen adducteur et remise en tension des obliques).

Biologie :
Rechercher une anémie, une carence en Fer.

Diagnostic différentiel

Le terme de « pubalgie » est trop souvent « galvaudé » et utilisé par excès pour les pathologies suivantes : lésions musculo-tendineuses des adducteurs, pathologie de hanche, fracture de fatigue, dérangement intervertébral, arrachement épiphysaire chez l’enfant et l’adolescent, pathologie rhumatismale inflammatoire chronique type spondylarthrite ankylosante, pathologie inflammatoire aigue, pathologie neurologique, pathologie inflammatoire avec adénopathies inguinales.

Traitement

Repos complet (entraînements et compétitions) pour le football, minimum 2 à 3 mois.

Antalgiques, décontracturants, anti-inflammatoires non stéroïdiens, mésothérapie, infiltrations (à discuter), ostéopathie, etc.

La rééducation est indispensable, pendant 2 à 3 mois avec :

• électrophysiothérapie à visée antalgique,

• reprogrammation de la paroi abdomino-pelvienne avec un travail en harmonie de l’ensemble de la sangle abdominale selon un protocole de renforcement des obliques, transverses et abdominaux,

• techniques d’apprentissage du verrouillage lombaire actif,

• travail des adducteurs et des psoas,

• reprogrammation à l’effort : en complément de la rééducation le joueur devra progressivement reprendre le sport exclusivement dans l’axe, en dehors de tout jeu avec ballon selon le schéma suivant :

           - les 3 1ères semaines = piscine, vélo, marche
           - 4ème et 5ème semaine = petite course en ligne sans accélération
           - 6-7-8ème semaines = retour sur le terrain
           - Reprise du football uniquement si le résultat est satisfaisant avec une réadaptation
             progressive à l’effort et une récupération de la condition physique (importance du travail
             d’endurance), et seulement par la suite le sport avec ballon, conduite de balle et véritable
             jeu du football.

La reprise progressive adaptée et bien conduite évitera la récidive.

Chirurgie

De nombreuses méthodes ont été proposées mais c’est le Docteur NESOVIC qui, dès les années 80, a proposé une intervention ayant comme base de rééquilibrer ou de stabiliser la symphyse pubienne. Cette prise en charge chirurgicale n’interviendra que s’il y a eu échec à un traitement médical et kinésithérapique bien conduit.

Prévention

La survenue de pubalgie est due d’une part aux gestes techniques de la pratique du football, à une charge de travail importante, s’accompagnant d’ailleurs d’une spécialisation de plus en plus précoce.

L’hyperlordose, la raideur rachidienne et musculaire favorise les tractions et par là même des microtraumatismes au niveau du bassin et de la symphyse pubienne.

La prévention passera sur le dépistage des facteurs de risques : mauvais geste technique, mauvaise statique rachidienne, raideur par déficit d’étirements. Par ailleurs, comme il s’agit d’une pathologie du carrefour pubien, un renforcement constant statique et dynamique des obliques et des grands droits sera conseillé.

Enfin, puisqu’un déficit de condition physique amène à une surcharge de travail, on conseillera un entraînement physique généralisé pour amener le sportif à posséder un niveau d’endurance supérieur à la moyenne.

Les conseils d’hygiène de vie, d’étirements et d’hydratation seront également abordés.

Conclusion

Les pubalgies sont devenues plus exceptionnelles grâce aux campagnes de prévention menées par les médecins du football, et aux professionnels éducateurs et entraîneurs de clubs.

Toutefois, il faut rester vigilant car le sport actuel, avec ses filières d’accès au Haut Niveau et les Centres de Formation des grands clubs « Pro » ne peut permettre à un jeune de rester éloigné du terrain pendant 3 à 6 mois, mettant fin très précocement à une future carrière de footballeur.

Le préparateur physique, le kinésithérapeute, le podologue, le diététicien ou nutritionniste, le médecin du sport, jouent donc un grand rôle dans la prévention de l’apparition des pubalgies.

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